Baignoire sculpturale, marbre veiné, mosaïque florale ou coiffeuse façon boudoir : Maison Kyka donne à la salle de bains une nouvelle présence. Quatre décors où l’intimité se compose avec autant d’attention que les pièces de réception.
C’est souvent la première pièce que l’on rejoint au réveil et l’une des dernières que l’on quitte avant de se coucher. On y cherche un peu d’énergie, quelques minutes de calme, une lumière indulgente. La salle de bains accompagne nos journées au plus près, tout en restant longtemps à l’écart des grandes ambitions décoratives de la maison. Aujourd’hui, elle prend sa place. Les rituels de préparation, devenus des rendez-vous familiers sur les réseaux sociaux, ont contribué à rendre visible cet espace autrefois discret. Mais derrière les miroirs et les mises en scène, l’envie est aussi très personnelle : disposer d’une pièce dans laquelle on se sente bien, jusque dans le choix d’une poignée, d’une pierre ou d’un motif. Les réalisations de Maison Kyka explorent cette aspiration avec des partis pris affirmés. Chacune possède son atmosphère, sa palette et ses références. La salle de bains devient ainsi un terrain de création à part entière.
Une baignoire comme pièce maîtresse
Dans un appartement parisien, installer une baignoire suppose parfois de négocier chaque centimètre. Ici, Maison Kyka fait de cette contrainte le point de départ d’une composition généreuse. Ronde et posée en îlot, la baignoire épouse une estrade en mosaïque dessinée sur mesure. Sa courbe trouve un écho dans celle de la vasque, créant une continuité qui adoucit les irrégularités de la pièce. Le dessin accompagne l’espace disponible et donne au bain une place centrale. Deux éléments viennent enrichir cette scène : un vitrail Art déco à la trame géométrique, ponctué de rouge, et un panneau de mosaïque florale. Leur présence apporte une dimension presque muséale à ce lieu intime. Entre transparence, couleur et petits fragments assemblés, le regard trouve de quoi s’attarder. La baignoire ronde suggère alors un petit spa domestique. Un espace où l’on peut bouger librement, s’installer autrement et laisser le temps du bain prendre toute son ampleur.
La Méditerranée en quelques matières
Autre décor, autre rythme. De la terre cuite au sol, une faïence crème sur les murs et du bois clair suffisent à installer une chaleur méditerranéenne. Les motifs arrondis du carrelage évoquent des vagues stylisées et donnent du mouvement à l’ensemble. Cette douceur se prolonge dans les volumes : une vasque circulaire, une niche de douche aux angles adoucis, un plan de toilette qui suit les courbes du mur. Les formes semblent avoir été polies, comme des galets. La sobriété de la vasque et de la robinetterie laisse les matières s’exprimer. On pense à une maison de pêcheur andalouse, à une villa des Cyclades, à ces intérieurs où la fraîcheur des murs répond à la chaleur du sol. L’évocation tient à un équilibre de textures et de teintes, capable d’introduire un sentiment de vacances dans le quotidien.
Le boudoir retrouve sa place
Avec le retour de la coiffeuse, la salle de bains accueille un meuble qui invite à s’asseoir. Ce simple geste change la manière d’habiter la pièce : se préparer devient un moment auquel on accorde du temps. Glissée entre la baignoire et la douche, la coiffeuse possède un plateau en marbre noir, en dialogue avec une vasque taillée dans la même pierre. Autour de cette base graphique, les détails apportent de la souplesse : un miroir cintré en bois, une applique habillée de passementerie tressée, un tabouret capitonné en forme de fleur. Au sol, un motif labyrinthe affirme la référence Art déco. L’ensemble compose un boudoir contemporain, où le soin du corps et la mise en beauté trouvent leur propre adresse.
Le décor naît de la matière
Dans une quatrième réalisation, deux vasques en marbre vert veiné, taillées comme des blocs bruts, donnent immédiatement le ton. Leur force visuelle rencontre une crédence en zellige graphique et un miroir soleil en bois perlé. Le noir mat de la robinetterie et du sèche-serviettes structure la composition. Un carrelage à motifs losangés prolonge le dessin jusque dans la douche. Chaque matériau remplit plusieurs rôles : il construit l’espace, apporte sa couleur et participe au décor. Cette densité donne à la pièce une autonomie singulière. La salle de bains devient une bulle, un univers que l’on retrouve en fermant la porte derrière soi.
Fondée en 2023 par Pierre Jasnin, Maison Kyka inscrit ces réalisations dans une approche globale de l’habitat, de la recherche du bien à sa livraison rénovée, meublée et décorée. Une démarche née de ses propres expériences d’acquisition et de rénovation à Paris, commencées après son retour de l’étranger en 2015. Dans ces quatre salles de bains, cette attention portée au chez-soi s’exprime à une échelle particulièrement intime : celle d’un reflet dans le miroir, d’une main sur la pierre ou d’un bain que l’on décide de prolonger.
©DM10/10/2026 Photos : ©Maison Kyka