Dans un livre documenté, Charlotte Casiraghi raconte et analyse le tourments de l’âme, les blessures de la vie.
Pour comprendre la démarche et la personnalité de Charlotte Casiraghi, il faut parcourir les dernières pages de son livre, La Fêlure, présenté en janvier. Derrière celle que beaucoup voient comme une gravure de mode (elle assume cette armure), il y a la passion de la lecture et de la philosophie. La bibliographie de La Fêlure est éloquente ! Charlotte Casiraghi signe ici son premier essai solo : une œuvre à la fois littéraire et introspective, où une écriture sensible rencontre une pensée philosophique vivante. Loin des clichés de la presse people, ce livre explore la notion de « fêlure » comme une expérience humaine universelle, à la fois intime et collective. En tant que personnage, Charlotte Casiraghi intrigue souvent les médias. On la voit jolie, bien habillée par Chanel. Sa maman, la Princesse Caroline de Monaco, est une intellectuelle, avide de lectures. C’est d’ailleurs elle qui préside à la remise des Prix littéraires de la Fondation Prince Pierre de Monaco. Charlotte Casiraghi n’est jamais très loin d’elle.
Galerie de penseurs
Dans son ouvrage, Charlotte Casiraghi convoque une galerie d’auteurs et de penseurs (de Francis Scott Fitzgerald à Colette, de Marguerite Duras à Anna Akhmatova, en passant par Deleuze) pour réfléchir aux fissures intérieures qui traversent nos existences. Le livre se définit comme une « enquête vivante, littéraire et incarnée », plutôt qu’un simple récit personnel ou un essai philosophique académique, offrant une succession de variations sensibles autour d’un même thème. Ce choix narratif n’a pas laissé la critique indifférente. Pour Les Inrockuptibles, La Fêlure est une « réussite », un texte où « la fragilité devient une arme de résistance intime et politique », célébrant la fêlure comme source de vérité et de créativité. Télérama salue la sincérité du projet, tout en notant que le texte conserve une certaine fragilité narrative, laissant entendre que certains lecteurs pourraient aspirer à une structure plus affirmée. Le Figaro, de son côté, évoque la « confusion des images », entre l’icône sur papier glacé de Monaco et des défilés de mode et la diplômée de philosophie. Derrière la supposée existence de rêve, il y a aussi le deuil paternel. Une vraie fêlure.
Du côté des lecteurs, La Fêlure a bénéficié d’un accueil très positif dès ses premières semaines de publication. Les librairies indépendantes françaises ont rapidement placé le livre dans leurs recommandations de janvier-février, avec plusieurs séances de signature affichant complet dans des villes comme Paris, Lyon, Bordeaux et Nice. Sur les réseaux sociaux, le livre suscite un intérêt marqué, en particulier auprès d’un public cultivé et curieux, qui partage des passages significatifs de l’ouvrage accompagnés de réflexions personnelles. En télévision, on a pu voir Charlotte Casiraghi répondre avec beaucoup de profondeur aux questions des journalistes. A chaque fois, on relève combien cette intellectuelle passionnée de philosophie souhaite trouver le mot et le ton justes pour approcher au plus près ce qu’elle est sincèrement. Son livre aborde de manière remarquable l’expérience de la maternité.
Un livre pour débattre
Loin de se cantonner à une réception unanime, La Fêlure est également devenu un objet de discussion dans les cercles littéraires et universitaires. Certains critiques ont souligné que la densité des références et le style contemplatif pourraient demander un effort soutenu de la part du lecteur, mais c’est précisément cette exigence qui séduit une partie du public avide de textes qui ne cèdent pas à la facilité. Pour L’éclaireur Fnac, l’ouvrage est une « expérience de lecture enrichissante » qui invite à repenser la condition humaine à travers la littérature, plutôt que de s’appuyer sur une linéarité narrative. Roger-Pol Droit, chroniqueur pour Le Monde, parle pour sa part d’une « promenade subtile entre philosophie et littérature », saluant l’œuvre comme une lecture qui interroge autant qu’elle inspire. La Fêlure de Charlotte Casiraghi s’affirme comme une œuvre complexe et stimulante, à mi-chemin entre la littérature et la pensée. Qu’on l’accueille comme un essai poétique ou comme une méditation philosophique, le livre ouvre des perspectives nouvelles sur la manière dont nous pouvons entendre nos propres fissures comme des points de transformation et de beauté.
Au fil de ses lectures, de ses rencontres ou de ses analyses, Charlotte Casiraghi nous fait approcher la définition de la fêlure. Celle-ci n’est pas la même pour chacun et la manière de l’appréhender varie aussi. Lors d’une interview, elle analysait sa vision de la fêlure : une craquelure que l’on observe, avec laquelle on va devoir vivre et trouver le moyen de se dépasser. On peut demeurer à la surface de la fêlure ou bien y plonger dans des profondeurs infinies…
La Fêlure, aux Editions Julliard. €22,90
Les rencontres philosophiques de Monaco : https://philomonaco.com/
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